lundi 2 février 2026

AYITI, HISPANIOLA, SAINT-DOMINGUE A HAITI, HISTOIRE DE LA CREATION DE LA PREMIERE REPUBLIQUE NOIRE, LIBRE ET INDÉPENDANTE DU MONDE

 

L’île d’Ayiti, du nom que les Taïnos (Indiens autochtones) qui y vivaient l’avait donné, a été découverte par Christophe Colomb dans la nuit du 5 au 6 décembre 1492. De cette date a débuté la colonisation Espagnole qui la rebaptisa ‘Hispaniola’. Pour extraire et exploiter les mines d’or de l’Ile, les colons espagnoles ont soumis les Taïnos à l’esclavage ce qui les dessima, ce fut le premier génocide du nouveau monde. 

L’exportation massive de l’or vers l’Espagne a provoqué peu à peu le développement de la piraterie dans la mer des Caraïbes. Ainsi, des 1625-1630 des flibustiers français commençaient à s’installer sur l’île de la Tortue, au Nord-Ouest du territoire, lieu stratégique pour surveiller et attaquer les Galions espagnoles. Progressivement, le nombre des Français augmentait, occupant de facto la partie occidentale d’Hispaniola. Il aura fallu le Traité de Ryswick (1697) pour rétablir la paix entre la France et l’Espagne qui sont entrés en guerre depuis et régularisé la situation en accordant le tiers (1/3) de l’île d’Ayiti à la France et le deux tiers (2/3) à l’Espagne. 

La France baptisa le territoire acquérir ‘Saint-Domingue’ et l’organisa vers une colonisation d’exploitation agricole autour, d’abord, de la Canne à sucre (provenant des îles Canaries, introduit dès 1493 par Christophe Colomb lors de son 2ème voyage à Hispaniola) et en suite le Café (1725-1726). Pour cela, Elle distribue des domaines à certains Blancs, leur procurant des aides techniques et financières pour la création des plantations, développe des systèmes d’irrigation, fait venir des noirs d’Afrique, les soumettant en esclavage pour les travailler, applique le Colbertisme (tout par et pour la métropole) et le code noir pour règlementer la vie économique et sociale de la colonie. Rapidement, Saint-Domingue est devenue la colonie la plus prospère de l’Amérique, elle produisait le trois quart (3/4) du sucre mondial et faisait partie des premiers exportateurs de café au 18ème siècle. Cela lui conféra la dénomination de perle des Antilles.

Les révoltes ont débuté vers 1789, qui seraient l’une des conséquences de la Révolution française et la déclaration universelle des droits de l’homme. Les échos de cette Révolution ont impacté dans un premier temps les propriétaires blancs qui voulaient la liberté commerciale, l’autonomie administrative et politique et le maintien du système esclavagiste. Francois-Thomas Galbaud fut la figure de proue des planteurs blancs. La défaite de ce dernier (Affaire Galbaud) en 1793, mit fin à l’hégémonie des Blancs à St. Domingue, ces derniers ont fui vers les Etats-Unis.

Les Affranchis mulâtres, propriétaires de caféières dans les régions montagneuses de l’Ouest et le Sud se sont soulevés au cours de la même période pour l’égalité sociale, économique et politique avec les blancs, la liberté commerciale, l’autonomie administrative et politique, tout en sauvegardant l’esclavage. Leurs principaux leaders André Rigaud et Alexandre Pétion. 

L’insurrection générale des esclaves a éclaté en Aout 1791 réclamant la liberté, la fin de l’esclavage. Les principaux leaders de celle-ci furent : Dutty Boukman, Georges Biassou, Jean-Francois Papillon, Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines. 

Parmi ces Leaders, Toussaint Louverture se distinguera comme un grand général et stratège de l’armée, un franc diplomate et négociateur qui se mettra tour à tour au service de l’Espagne, de l’Angleterre et ensuite de la France ; quand cette dernière pour sauvegarder Saint-Domingue et pour rallier les noirs à leur service, a promis l’Affranchissement général, la liberté aux Esclaves noirs. Ce qu’un des commissaires civils Léger-Félicité Sonthonax a concrétisé durant la période allant du 29 Aout 1793 au 4 février 1794 où le décret du 16 pluviôse, l’an II de la Révolution française a confirmé. De 1794 à 1802 Toussaint Louverture est devenu le dirigeant incontesté de la colonie et, en 1801, le gouverneur général à vie de Saint-Domingue, jusqu’à sa trahison et son arrestation par le Général Leclerc (7 juin 1802), envoyé par Napoléon Bonaparte en 1802 pour rétablir l’esclavage et arrêter ou éliminer les principaux chefs des insurgés.  

Subséquemment à la déportation et l’emprisonnement de Toussaint Louverture au Fort de Joux (en France), son Lieutenant le plus proche, le général Jean-Jacques Dessalines a pris la relève. Ce dernier a mis fin à la rivalité et à la guerre qui opposait Toussaint Louverture à Benoit Joseph André Rigaud (Sud) et Alexandre Pétion (Ouest) qui sont tous deux généraux, leaders du mouvement des Affranchis mulâtres qui combattaient depuis 1789. Dessalines organisa avec tous les chefs des différentes régions de la Colonie le 18 mai 1803, le Congrès de l’Arcahaie. Où une large alliance a été constituée, Dessalines a arraché le blanc du drapeau français, rapprocha le bleu du rouge. Le dénommé Catherine Flon les a cousus, ainsi le bicolor Bleu et Rouge, le drapeau sous lequel la révolution sera menée et tous les participants à la clôture du congrès crient à l’unisson et en cœur : liberté ou la mort. Et l’ordre était : Koupe tèt, boule kay : décapitation des blancs et l’incendie des maisons et des plantations

Ainsi en six (6) mois, l’armée indigène (des noirs et des mulâtres) a mené une bataille sans merci contre l’armée expéditionnaire composée de 30 à 40 mille soldats français et Polonais, et a abouti le 18 novembre 1803 à Vertières (dans le Nord) à la Bataille finale, la victoire des insurgés sur la Métropole (La France). Ainsi, fit-elle créée la première République noire, libre et indépendante de l’Amérique et du monde. La proclamation officielle de l’indépendance a été faite le 1er janvier 1804 sur la Place d’armes des Gonaïves. Cette révolution fu sans précédent, unique dans l’histoire universelle, où des esclaves arrivent à remporter la victoire sur les maitres et à bâtir un nouveau pays à la face du monde. 

La victoire acquise, indépendance proclamée n’est pas synonyme de paradis, de fin des problèmes, au contraire se sera le début de sérieuses difficultés à résoudre, d’énorme défis à soulever tels que : le blocus international imposé à Haïti par les puissances mondiales. Les nouvelles élites politiques et économiques sont imprégnées du système colonial français, voulaient sauvegarder la grande plantation et le niveau de production agricole du temps de la colonie, tandis que pour les nouveaux libres/anciens esclaves la plantation est synonyme de cauchemar, n’en voulaient pas et continuaient le marronnage (fuite dans les mornes) ou d’y résister par d’autres moyens (vodou, sorcellerie, duperie, etc.). Donc opposition entre les nouvelles élites et la population. D’où la tendance autoritaire des dirigeants politiques et les élites haïtiennes, et difficulté du développement de la démocratie en Haiti. 

L’équilibre fut établi par la force des choses par une division sociale du territoire en deux mondes : le monde urbain et rural. Les villes sont devenues le refuge des élites et la campagne celui des paysans (anciens esclaves). Et la passerelle de relations entre ces deux catégories sociales se faisait a partir des rapports commerciaux autour de la monoculture du café. La canne à sucre étant largement disparu du paysage agricole. Le système socioéconomique et politique haïtien pendant toute la période indépendante était charpenté autour de la monoculture du café, jusqu’en 1981 ou la grande majorité des caféières fut incendié par les paysans. (Haiti 1981, La Débâcle. Jhonny Estor, 2025, Amazon.)  


Jhonny Estor, Sociologue, 

Fondateur et responsable du mouvement Renaissance-Haiti qui prône une nouvelle orientation pour Haiti.

New York, 01/30/2026



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