mardi 10 février 2026

HAITI 1981, LA DEBACLE, conclusion du livre, disponible sur Amazon

 

HAITI 1981, LA DEBACLE


Étude de la relation entre la crise structurelle et l’exode rural en Haïti après 1981.


Nouvelle édition


New York, USA

Aout 2025




CONCLUSION


Nous venons de voir essentiellement dans cette étude que depuis 1981 l’Haïti d’avant n’existe plus. C’est-à-dire, le système socioéconomique et politique qui était constitué depuis l’indépendance en 1804 autour de la monoculture du café a basculé, s’est effondré quand un peu partout au pays les paysans ont incendié les caféières. 

Malgré la tendance au développement d’autres secteurs dans l’économie nationale depuis les années 1940 comme : le tourisme surtout à Port-au-Prince, la riziculture dans l’Artibonite avec le président Dumarsais Estimé, la sous-traitance avec Jean-Claude Duvalier (1971) et d’autres industries nationales ou locales : FAMOSA, Allumette dans l’Artibonite, Cimenterie, aciérie et les entreprises étatiques (EDH, TELECO, Minoterie d’Haïti etc.) cela n’a pas permis à l’Etat, au pays de faire face aux conséquences  catastrophiques que la mise à feu des caféières a entraîné. Il semble évident que ces pans de l’économie n’ont pas été suffisamment intégré et consolidé pour donner à l’Etat et à l’économie une alternative équivalente au café, car au fil des ans, la crise comme une avalanche (Lavalas), les a tous emportés et conduits au gouffre. 

Dans une évaluation partielle des bouleversements, ou mutations constatées dans le comportement des trois grandes catégories socioéconomique et politique qui ont été considérées dans l’étude, à savoir : les paysans, les commerçants (exportateurs) et l’Etat avant et après 1981 on peut noter :

Les paysans avant 1981, protégeaient les arbres qui ombrageaient les caféières, aimaient leur terre, restaient majoritairement à la campagne, vivaient dans une solidarité communautaire relative, participaient rarement dans la vie politique active, avaient une certaine auto-suffisance et ne comptaient pas sur l’aide étatique ou d’une entité tierce (ONG, Organisation Internationale) pour survivre… 

A partir de 1981 avec la chute des prix du café sur le marché international et local, qu’ils n’ont pas compris réellement les raisons qui l’expliquaient, leur fait réagir d’une façon complètement inattendue, ils ont : 

  • Brulé les caféières, coupé les arbres qui les protégeaient pour en faire du charbon de bois et pour utiliser l’espace pour cultiver les produits comme le maïs, le petit mil, le pois, le piment etc. Cela a entraîné rapidement des conséquences catastrophiques sur l’environnement du pays : érosion du sol et désertification progressive des zones montagneuses, avalanche d’eau et de boue vers les plaines et les villes au contrebas des montagnes à chaque pluie. 

  • La vie devient alors si difficile dans les montagnes affectées, qu’ils n’ont eu d’autres choix que de quitter leur terre, leur communauté et commencent à migrer d’abord à l’étranger et ensuite vers les villes. L’ampleur du problème a conduit à l’exode rural et devient tel que la banque mondiale estime en 2024 la population rurale d’Haïti qu’à 39.53%, alors qu’elle représentait environ 80% à 70% dans les années 1980. 

  • Ils développent les bidonvilles par leur présence et s’impliquent massivement et activement dans la vie politique.

  • Sans emploi stable pour la plupart des paysans migrés vers les villes, ils pressurent de plus en plus fortement les instances publiques (MAST, CAS, FAES…) et internationale (ONG, Organisation Internationale) à leur venir en aide

  • La précarité et la vulnérabilité de leur situation les ont rendus disponible à devenir hommes de main, les bras armés de certains hommes d’affaires qui veulent développer des monopoles et des politiciens qui veulent s’emparer du pouvoir. Certains jeunes s’enrôlent aux gangs armés et fait augmenter l’insécurité et la violence dans la zone métropolitaine de la Capitale, Port-au-Prince. Ce qui a comme miner l’environnement économique et social du pays rendant quasi impossible le maintient les industries que nous avions mentionnées plus haut, comme le tourisme, voir une reprise raisonnable de ces derniers

Les commerçants installés près des ports avant 1981 exportaient plus qu’importaient, semblaient plus enclins à payer les taxes étatiques et restaient majoritairement en dehors de la politique, de la pègre, de la vente d’armes et de la drogue etc.

A partir de 1981, n’ayant plus de café à exporter, c’est la crise pour eux. Il leurs fallait trouver une alternative aux activités antérieures pour ne pas sombrer dans la faillite. Ainsi adoptent-ils des lignes de comportements complètement à l’opposer qu’avant :

  • Ils se transforment en importateur intégrale. Important tout ce qui est possible et imaginable, même des produits rentrant directement en compétions à ceux du pays, du moment qu’ils peuvent réaliser un profit dessus. Détruisant du même coup la production nationale. Donc, fragilisant des secteurs économiques en entier, faisant augmenter ainsi le taux de chômage.   

  • Ils veulent importer de plus en plus de produits étrangers, tout en refusant catégoriquement de payer les taxes y relatives. Pour ce faire, ils commencent à corrompre les employés concernés, à mettre leurs hommes dans les postes clés dans les ports, à la frontière, à la DGI, le Ministère du commerce, au poste de premier ministre, sénateurs et députés, même à avoir leur Président de la République. Ils cherchent même à contrôler des politiciens et intellectuels qui émergent et qui ont une certaine potentialité. 

  • Les plus violents cherchent à développer des monopoles sur certains produits, comme : le riz, les matériaux de construction (ciment, tôle, le bois, les clous, etc.) et sont prêts à éliminer les concurrents. Pour cela, ces commerçants créent leurs propres gangs armés et pactisent directement avec la pègre qu’ils intègrent, et deviennent active dans l’économie souterraine : le deal des drogues, des armes et le blanchiment d’argent, etc. 

  • Ils s’intéressent de moins en moins à une reprise de la production nationale, au développement industriel et ne font quasiment aucun investissement dans ces secteurs. 

L’Etat Haïtien avant 1981 avait comme une planche de salut avec le revenu qu’il réalisait à partir des taxes imposées sur l’exportation du café qui lui permettait de répondre même difficilement, dans les derniers moments, à ses obligations sans se sentir obliger d’aller faire la quête auprès d’autre pays. 

Après 1981 jusqu’à date il va être complètement différent. En effet, comme si la planche de salut était retirée subitement en dessous de Lui quand les caféières ont été incendiées, c’est la noyade. Pour l’éviter et rester en vie, L’Etat haïtien au lieu de chercher à mieux intégrer et consolider les autres pans de l’économie pour compenser les pertes de revenus sur le café, a préféré :

  • Se tourné vers l’internationale en particulier les Etats-Unis, le Canada, la France, etc. ; les instances internationales : Banque Mondiale, FMI, BID pour obtenir de l’aide financière pour faire face a ses obligations. Et comme cette période a coïncidé à la monté du néolibéralisme dans le monde et les programmes d’ajustement structurel : réduction des tarifs douaniers, privatisation des entreprises publiques, désengagement de l’Etat dans l’économie et le social etc. cela a fini par Le mettre à genoux et à perdre de plus en plus sa légitimité auprès de la population. 

  • Il perdra de plus en plus son indépendance par rapport aux pays étrangers, devient donc plus dépendant d’eux.

  • Les injonctions imposées à l’Etat pour avoir accès à l’aide ont fini au fil des ans par détruire toutes ses capacités propres. Il est obligé de passer par des firmes privées pour la moindre réalisation, comme construire une école, un Hôpital, un bâtiment public, un tronçon de route, une place publique, des canaux d’irrigation, voir des logements sociaux si essentiels, vitaux pour la masse des gens qui croupissent dans les nombreux bidonvilles du pays.  

  • Il ne peut développer aucun projet social sans l’aide internationale et devra le faire surtout par l’entremise d’ONG et d’Organisations Internationales, ce qui encourage une autre forme de corruption dans la société.

  • L’Etat devient léthargique ne peut même plus contrôler, superviser ce qui se passe dans l’appareil Etatique, les voles qui s’effectuent du haut jusqu’en bas dans l’administration publique. Le gouvernement devient le lieu par excellence de corruption, d’enrichissement frauduleux et rapide des politiciens véreux, venant de toutes les chapelles politiques et de tous les secteurs du pays.

Comme nous venons de le constater, se sont tous les secteurs, les piliers de la nation : les paysans, les commerçants et les dirigeants politiques à la tête de l’Etat qui ont concouru à l’effondrement, la descente aux enfers du pays à la suite d’un évènement unique : l’incendie des caféières. Ils ont fait les pires choix possibles et imaginables. 

Etant donné qu’ils ont tous contribué à détruire le pays, pour le reconstruire, d’abord, ils seront tous responsables, chacun à son niveau pour s’engager à le faire. Pour cela, il faudrait une grande alliance, de tous les secteurs, pour le redressement du pays : Intellectuels (pour approfondir les recherches sur ce qui s’est passé autour de 1981 dans les détails), les partis politiques, le patronat haïtien, la paysannerie, les associations socio-professionnelles, les églises, les jeunes, les femmes, etc. dans un grand mouvement socioéconomique et politique.

Jhonny ESTOR, Sociologue, Auteur

Disponible sur Amazon: https://a.co/d/013HyOpc 




dimanche 8 février 2026

Haïti : Quand les borgnes et les aveugles se débattent

À la fin du mandat de Paul Eugène Magloire, Haïti était un pays politiquement fragile, marqué par l’échec des gouvernements successifs à instaurer la stabilité et à répondre aux besoins fondamentaux de la population. Cette fragilité institutionnelle a favorisé l’arrivée du régime Duvaliériste. 

Malheureusement, ce régime dictatorial  n’a nullement amélioré les conditions matérielles d’existence du peuple haïtien. Au contraire, Il est devenu l’instrument répressif permettant de conserver le pouvoir, de père en fils, pendant trente années.

La première conséquence de cet outil machiavélique fut la fuite des cerveaux, amorcée dès 1957 sous François « Papa Doc » Duvalier et poursuivie de 1971 à 1986 sous Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier. Elle  a été provoqué par la peur, l’insécurité et la persécution politique des intellectuels, des scientifiques et techniciens ayant un esprit critique par rapport au régime. 

La répression constituait alors l’expression la plus visible du régime, notamment avec la création des Tontons Macoutes, milice privée du pouvoir. Cette fuite a occasionné le développement des communautés haïtiennes communément appelées diaspora. 

Elle s’est principalement installée dans :

 1. Les États-Unis, notamment à Miami, New York et Boston, où se sont établis de nombreux médecins, ingénieurs et universitaires.

 2. Le Canada, particulièrement au Québec, avec Montréal et Québec comme principales destinations des francophones.

 3. La France, destination traditionnelle des élites francophones haïtiennes, notamment Paris.

 4. L’Amérique latine et la Caraïbe, où certains intellectuels se sont réfugiés en République dominicaine, au Venezuela ou à Cuba.

Cette perte massive de talents dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’administration et de la recherche…a été un déficit durable en terme de disponibilité des ressources humaines qualifiées et expérimentées. Depuis lors, la diaspora haïtienne est devenue non seulement un moteur économique et culturel à l’étranger, mais aussi le symptôme d’un pays dont la survie dépend largement de l’extérieur.

Malgré ces constats irréfutables, une tendance arrogante persiste à faire croire que le régime des Duvalier aurait constitué une aubaine pour Haïti. Certains investissent d’importantes ressources afin d’activer une machine politique de propagande subtile visant à faire accepter cette idée. À titre d’illustration, avant la fin de son mandat, Michel Martelly a tout mis en œuvre pour rapatrier Jean-Claude Duvalier, décédé le 4 octobre 2014, soit trois ans et demi après son investiture, le 14 mai 2012.

Cette tendance malhonnête trouve un terrain favorable dans l’échec de la prétendue transition démocratique, qui jusqu’à présent n’a pas su réorganiser le pays autour d’une politique sociale, économique et culturelle inscrite dans une vision globale de développement au service des citoyens.

Des débats de toutes natures, issus de tous les secteurs et de toutes tendances, s’articulent aujourd’hui, au vu et au su de tous, autour d’un éventuel retour des pratiques dictatoriales associées au régime de Duvalier. Des citoyens les plus obscurs aux plus remarquables, le discours prend parfois des formes pour le moins étonnantes.

Cet état de fait nous interpelle et nous pousse à poser certaines questions fondamentales :

a) Pourquoi les gouvernements qui ont succédé à celui de Léon Dumarsais Estimé, y compris ceux issus de la transition démocratique, ne sont-ils pas parvenus à marcher sur les pas de ce visionnaire historique ?

b) Qui est à l’origine de ce déficit de citoyens intègres, patriotiques, honnêtes, loyaux et compétents, capables d’assurer une véritable relève générationnelle ?

c) Est-il nécessaire de choisir entre les borgnes et les aveugles lorsque l’obscurité les enveloppe tous ?

En soulevant ces questions, je n’ai nullement la prétention d’engager un débat stérile opposant un éventuel retour du duvaliérisme à la démocratisation d’Haïti. Je me limite à exposer des faits qui, selon moi, appellent des corrections définitives afin que notre pays ne soit plus jamais confronté à de tels errements.

Jacques ANILUS

8 février 2026





samedi 7 février 2026

AYITI: YON CHANJMAN DIRIJAN SOU POUVWA KI FET NAN MONTE DESANN



Nan tout rejim demokratik ki pran tout fòm yo e ki kite yon tradisyon, renouvèlman pèsonèl politik la fèt pa mwayen eleksyon.

Eleksyon ki fèt sou yon baz peryodik, regilye, transparan, lib, onêt, tabli règ jwèt pou genyen altènans politik. 

Ayiti antre nan yon rejim demokratik aprè tout chapant diktati Divalyeris la te tonbe nan dat 7 fevriye 1986 ak adopsyon yon Konstitisyon tou nèf nan dat 19 mas 1987. Yo te tann 29 mas 1987 kote plis pase 1 milyon Ayisyen te  vote li pa mwayen yon Referandòm.

A pèn nou soti nan Diktati, kondisyon yo pa te gentan kreye pou nou reyalize eleksyon pou mete moun sou pouvwa jan Konstitisyon 19 mas 1987 la mande li a. Pou rezon sa, klas dirijant nan epòk la ta prale mete kanpe premye rejim tranzisyon an ki se yon Konsèy Nasyonal Gouvènman (CNG) pou reyòganize lavi nan peyi a epi mete yon Konsèy Elektoral sou pye pou reyalize eleksyon. 

Konsèy Nasyonal Gouvènman sa ( CNG) te konpoze de 6 manb, swa 4 militè ak 2 sivil. Non yo se ; Henry Namphy prezidan, Williams Regala,Max Vallès, Prosper Avril, Gérard Gourgue ak Alix Cinéas.

 Konsèy Nasyonal Gouvènman an te genyen yon manda 2 lane pou soti 7 fevriye 1986 pou rive 7 fevriye 1988.

Selon ajanda KNG a, li te rive nan dat  13 mas 1987 pibliye dekrè ki kreye premye KEP peyi a te konnen. Nan dat 21 mas 1987 ,manb KEP yo te enstale pou yo travay jouk yo rive nan fè eleksyon.

KEP sa ki te monte mas 1987 la ta pral reyalize premye eleksyon li nan dat 29 novanm 1987. Eleksyon sa pa te fini byen. Fòs Divalyeris melanje ak Makout te masakre pèp la nan Riyèl Vayan kote anpil san te koule. 

Eleksyon sa yo ki te gate ta pral pwograme pou yon lòt dat ki se 17 janvye 1988. Se nan eleksyon sa Militè sou pouvwa yo te reyalize a  ki te bay Maniga venkè kòm prezidan.

Tranzisyon sa malgré se militè pwo Divalyeris te rive fè yon maskarad eleksyon, yo ta pral reprann nan men Manigat ak yon kou deta aprè li fini pase 4 mwa ak kèk jou sou pouvwa.

Li rete klè, tranzisyon politik se yon maladi pou rejim demokratik la an Ayiti. Tranzisyon yo pran nesans nan lit pou pouvwa kote fòs reyaksyonè ak aktè lopizisyon bezwen konsève pouvwa san pase pa eleksyon.

Pou kontinye, aprè Manigat fini tonbe 20 jen 1988, nou pral konnen 3 tranzisyon politik : Namphy 2, Proposer Avril, Hertha Pascal Trouillot. 

Hertha Pascal Trouilot ki rive sou pouvwa a 13 mas 1990, pral montre detèminasyon li kote li rive nan dat 16 desanm 1990 reyalize youn nan pi gwo eksplwa rejim demokratik nou an ak yon eleksyon ki reyalize kote nivo patisipasyon pèp la nan jout sila a te depase 60%.

Si nou pran Eleksyon 1990 la kòm répè nou, pou rive nan dat 7 jiyè 2021 kote yo asasinen Prezidan Jovnel Moise, nou konte 9 rejim tranzisyon. Pou soti 2021 pou rive 2026 la, si nou ajoute tranzisyon ki prevwa ranplase KPT a, nou ap di nan 5 lane, nou konte 3 tranzisyon. Donk sou 40 lane pou soti 1986 pou rive 2026, sa ba nou deja 12 tranzisyon politik kote demokrasi a pa avanse. O kontrè ,se tout baz ki kreye yo ki efondre, se politik pou souse peyi a a ki kontinye. 

Si nou pran menm dat 1990 kote nou ta di se premyè eleksyon nou rive reyalize sou demokrasi, pou rive nan dat 2016, ki se dat nou reyalize dènye eleksyon nou ki pote Jovnel Moise sou pouvwa, se sèlman 7 eleksyon nou rive fè sou peryòd sa.

Pi lwen, pou soti 13 mas 1987 pou rive a 2026, sou 39 lane, nou monte, rekonpoze  21 KEP deja. 21èm nan se li ki monte sou gouvènans Gary Conille an, ke KPT a te revoke. 

Donk Ayiti konnen yon altènans politik monte desann, ki pa regilye, ki pa regle kote tranzisyon politik asosye ak rejim ki soti nan Eleksyon. 

Sa nou ta rele yon sistèm politik ibrid ki marye rejim tranzisyon ak rejim eli se yon malfòmasyon Demokrasi an Ayiti. Pratik gouvènans sa ki lye ak diktati se yon ak konsyan. Paske tout klik nan Klas dirijant ki alèjik ak Eleksyon , renmen tranzisyon. Tout rejim politik ki rive nan yon faz li pa kapab renouvle tèt li pa vle fè eleksyon. Pou li fè eleksyon, se eritye rejim lan ki pou plase sou pouvwa. 

Nou konstate, fen manda rejim tranzisyon oubyen Rejim demokratikman Eli fini menm jan. Yon opozisyon dwat agoch ak yon bann inisyativ pou pataj pouvwa. Pou soti 2016 pou rive 2026, sa fè 10 lane pa genyen eleksyon. Sa fè 2 manda prezidansyèl ki pa  pase nan kontè demokrasi an pou montre nou genyen yon bon koyefisyan demokrasi.

Nou dwe frennen emoraji Tranzisyon politik sa pou rive tabli yon Gouvènans politik ki estab ak yon ekip dirijan ki genyen entèlijans ak klèvwayans politik. Pou m reprann pawòl Akademisyen fransè Jean Cocteau : " Être homme politique c'est de dire à l'avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l'année prochaine. Et d'être capable,après, d'expliquer pourquoi rien de tout cela ne s'est produit" .


Gandhi

Alias: Willy Jean-Louis




HAITI, 40 ANNÉES DANS LE DÉSERT



 

Haïti, la Perle des Antilles, fut jadis un pays-joyau qui attirait les étrangers, venus assouvir leur soif de découverte sur ses 27 750 kilomètres carrés de faune et de flore florissantes, vaste nid hospitalier de tous les êtres vivants. Terre de lumière et de promesses, elle offrait au monde le visage d’une nature généreuse et d’un peuple fier. 


Aujourd’hui pourtant, ce même espace est devenu l’un des lieux les plus redoutés, meurtri par des turbulences politiques qui s’intensifient de jour en jour. La peur a remplacé l’émerveillement, le silence des armes a étouffé le chant des oiseaux, et l’espoir, tel une braise fragile, lutte encore pour ne pas s’éteindre sous les cendres de l’instabilité.


Il est évident que nous avons aussi contribué à cet état de fait, à cette démesure sociale, politique et économique, par nos inactions et nos silences complices. Pendant que nous détournions le regard, un pays qui se donne encore l’illusion d’un Eldorado ou se rêve en pointe de l’épée plongeait, depuis longtemps, ses mains dans les profondeurs de nos ressources, bien qu’il ne soit qu’à environ mille kilomètres de nos frontières. Un pays que nous avons aidé avec l’âme fière, le front haut et la tête altière. Un pays qui aurait dû nous venir en secours ou, à défaut, nous rendre la monnaie de notre pièce, planifiait, exécutait, puis se réjouit aujourd’hui du fruit amer de son œuvre, main dans la main avec des consciences sans âme, empreintes d’une dialectique des armes. Un pays qui allie l’indifférence  à la ruse au service de la destruction et au naufrage d’un peuple qu’il observe de loin.


Nous sommes le 7 février 2026. Cette date porte en elle une double signification lourde de sens.

D’abord, le 7 février 1986 marque la chute de la dictature des Duvalier, mettant fin à vingt-neuf années de régime autoritaire. Devenue date fétiche, elle est aussi consacrée par la Constitution comme moment de prestation de serment des présidents, symbole d’alternance, d’espoir démocratique et de transfert du pouvoir. Pourtant, à la lumière de la réalité politique actuelle, force est de constater que cette démocratie tant proclamée s’est souvent réduite à une démocratie cosmétique, voire bananière, vidée de sa substance et incapable de répondre aux aspirations profondes du peuple.


Ensuite, du 7 février 1986 au 7 février 2026, quarante (40) années se sont écoulées: quarante années de souffrance, de misère, d’instabilité politique chronique, d’insécurité grandissante, de fragilité institutionnelle, de transitions interminables et de promesses sans lendemain. Quarante ans à tourner en rond, comme un peuple condamné à marcher sans cesse sans jamais atteindre la Terre promise.


Pourtant, l’histoire nous enseigne que quarante ans peuvent être une traversée, non une condamnation. Le désert n’est pas une fin en soi. Reste à savoir si, cette fois, nous aurons le courage collectif de rompre avec les illusions, d’assumer nos responsabilités et de transformer cette date symbolique non en un rituel de plus, mais en un véritable point de départ.  


Si pour Israël, l’entrée de la Terre promise était possible grâce à Josué après l’échec de Moïse. Qui prendra aujourd’hui la reine du pouvoir en Haïti pour guider le peuple haïtien vers un gouvernement capable de transformer les transitions en stabilité durable, la misère en prospérité, et le désespoir en espoir vivant ? Qui aura le courage de dresser les fondations d’une nation où chaque citoyen retrouve sa dignité, où les talents ne fuient plus, et où la lumière de la justice éclaire enfin tous les recoins de notre pays ? Il est temps que ce leadership émerge, non pas comme un geste solitaire, mais comme l’expression d’une volonté collective prête à écrire enfin une nouvelle page de l’histoire haïtienne, digne de son passé glorieux et de ses promesses encore vivantes.


*Jacques ANILUS*

*7 février 2025*




vendredi 6 février 2026

Draft de la proposition d'accord politique du mouvement Renaissance-Haiti

 ACCORD RENAISSANCE

  • Considérant qu’Haïti a passé 40 ans d’errance depuis 1986 ;

  • Considérant l’échec répété des pouvoirs politiques, tant bien élus ou pas, réguliers ou provisoires, tous ont fait l’objet de contestations d’un niveau à un autre durant cette période ;

  • Considérant l’échec du projet démocratique haïtien, torpillé par la crise socioéconomique ; 

  • Considérant que l’économie de l’importation, de la contrebande, de la sous-traitance, de l’aide internationale et humanitaire n’a pas su/pu créer le minimum de bien-être pour la population haïtienne ;

  • Considérant l’aggravation de la crise, la misère de la population, l’insécurité, le problème d’Habitations, de logement décent dans le pays ;

  • Considérant l’incapacité constaté depuis plus de 5 ans de réaliser des élections présidentielles, parlementaires, locales

  • Considérant que les trois (3) derniers gouvernements ont successivement échoué à la réalisation des élections dans le pays ;

  • Considérant qu’un accord politique (3 avril) avait mis un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de 9 membres à la tête de l’Etat qui a multiplié les dépenses de la présidence par 9 et a dilapidé les maigres deniers de l’Etat, dont les fonds du renseignement ;

  • Considérant la fin du mandat de ce CPT le 7 février 2026 et la nécessité de le remplacer

  • Considérant qu’il n’est pas certain, évident qu’un prochain gouvernement de transition pourra garantir l’organisation d’élections libres, honnêtes et démocratiques dans le pays

  • Considérant que même avec des élections acceptables la garanti de bien-être, de paix sociale, de sécurité n’est pas garantie vu que le discourt politique n’a pas évolué en Haiti sur les quarante (40)ans. 

Les organisations et personnalités haïtiennes soussignées d’Haïti et de la diaspora s’engagent dans cet accord politique sur une période de dix (10) ans, ce qui suit :

  1. Etant donné que la crise économique reste et demeure la cause cachée, fondamentale de l’échec répété des différents régimes politiques des quarante (40) dernières années. La mission première du prochain gouvernement est/sera de faire les mises en place nécessaires en vue de réorienter l’économie du pays de sorte qu’elle puise créer le bien-être tant attendu et espéré par la population haïtienne. 

  2. Pour ce faire, le fort des fonds de l’Etat devra être engagé et investi dans le développement d’un véritable industrie immobilière (usines de sable, cimenteries, centres de formation en matière de construction, etc.) en vue de construire des routes, des immeubles d’habitation et d’affaires dans de nouvelles villes dans les dix (10) départements du pays pour bien loger la population

  3. Avec ces capacités en matière de construction de réaménager les côtes, les plages pour le développement de l’industrie touristique;

  4. Supporter, accompagner des investisseurs le désirant au développement des fermes agro-industries dans tous les départements du pays. 

 Signatures :

  1. Mouvement Renaissance-Haiti









lundi 2 février 2026

AYITI, HISPANIOLA, SAINT-DOMINGUE A HAITI, HISTOIRE DE LA CREATION DE LA PREMIERE REPUBLIQUE NOIRE, LIBRE ET INDÉPENDANTE DU MONDE

 

L’île d’Ayiti, du nom que les Taïnos (Indiens autochtones) qui y vivaient l’avait donné, a été découverte par Christophe Colomb dans la nuit du 5 au 6 décembre 1492. De cette date a débuté la colonisation Espagnole qui la rebaptisa ‘Hispaniola’. Pour extraire et exploiter les mines d’or de l’Ile, les colons espagnoles ont soumis les Taïnos à l’esclavage ce qui les dessima, ce fut le premier génocide du nouveau monde. 

L’exportation massive de l’or vers l’Espagne a provoqué peu à peu le développement de la piraterie dans la mer des Caraïbes. Ainsi, des 1625-1630 des flibustiers français commençaient à s’installer sur l’île de la Tortue, au Nord-Ouest du territoire, lieu stratégique pour surveiller et attaquer les Galions espagnoles. Progressivement, le nombre des Français augmentait, occupant de facto la partie occidentale d’Hispaniola. Il aura fallu le Traité de Ryswick (1697) pour rétablir la paix entre la France et l’Espagne qui sont entrés en guerre depuis et régularisé la situation en accordant le tiers (1/3) de l’île d’Ayiti à la France et le deux tiers (2/3) à l’Espagne. 

La France baptisa le territoire acquérir ‘Saint-Domingue’ et l’organisa vers une colonisation d’exploitation agricole autour, d’abord, de la Canne à sucre (provenant des îles Canaries, introduit dès 1493 par Christophe Colomb lors de son 2ème voyage à Hispaniola) et en suite le Café (1725-1726). Pour cela, Elle distribue des domaines à certains Blancs, leur procurant des aides techniques et financières pour la création des plantations, développe des systèmes d’irrigation, fait venir des noirs d’Afrique, les soumettant en esclavage pour les travailler, applique le Colbertisme (tout par et pour la métropole) et le code noir pour règlementer la vie économique et sociale de la colonie. Rapidement, Saint-Domingue est devenue la colonie la plus prospère de l’Amérique, elle produisait le trois quart (3/4) du sucre mondial et faisait partie des premiers exportateurs de café au 18ème siècle. Cela lui conféra la dénomination de perle des Antilles.

Les révoltes ont débuté vers 1789, qui seraient l’une des conséquences de la Révolution française et la déclaration universelle des droits de l’homme. Les échos de cette Révolution ont impacté dans un premier temps les propriétaires blancs qui voulaient la liberté commerciale, l’autonomie administrative et politique et le maintien du système esclavagiste. Francois-Thomas Galbaud fut la figure de proue des planteurs blancs. La défaite de ce dernier (Affaire Galbaud) en 1793, mit fin à l’hégémonie des Blancs à St. Domingue, ces derniers ont fui vers les Etats-Unis.

Les Affranchis mulâtres, propriétaires de caféières dans les régions montagneuses de l’Ouest et le Sud se sont soulevés au cours de la même période pour l’égalité sociale, économique et politique avec les blancs, la liberté commerciale, l’autonomie administrative et politique, tout en sauvegardant l’esclavage. Leurs principaux leaders André Rigaud et Alexandre Pétion. 

L’insurrection générale des esclaves a éclaté en Aout 1791 réclamant la liberté, la fin de l’esclavage. Les principaux leaders de celle-ci furent : Dutty Boukman, Georges Biassou, Jean-Francois Papillon, Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines. 

Parmi ces Leaders, Toussaint Louverture se distinguera comme un grand général et stratège de l’armée, un franc diplomate et négociateur qui se mettra tour à tour au service de l’Espagne, de l’Angleterre et ensuite de la France ; quand cette dernière pour sauvegarder Saint-Domingue et pour rallier les noirs à leur service, a promis l’Affranchissement général, la liberté aux Esclaves noirs. Ce qu’un des commissaires civils Léger-Félicité Sonthonax a concrétisé durant la période allant du 29 Aout 1793 au 4 février 1794 où le décret du 16 pluviôse, l’an II de la Révolution française a confirmé. De 1794 à 1802 Toussaint Louverture est devenu le dirigeant incontesté de la colonie et, en 1801, le gouverneur général à vie de Saint-Domingue, jusqu’à sa trahison et son arrestation par le Général Leclerc (7 juin 1802), envoyé par Napoléon Bonaparte en 1802 pour rétablir l’esclavage et arrêter ou éliminer les principaux chefs des insurgés.  

Subséquemment à la déportation et l’emprisonnement de Toussaint Louverture au Fort de Joux (en France), son Lieutenant le plus proche, le général Jean-Jacques Dessalines a pris la relève. Ce dernier a mis fin à la rivalité et à la guerre qui opposait Toussaint Louverture à Benoit Joseph André Rigaud (Sud) et Alexandre Pétion (Ouest) qui sont tous deux généraux, leaders du mouvement des Affranchis mulâtres qui combattaient depuis 1789. Dessalines organisa avec tous les chefs des différentes régions de la Colonie le 18 mai 1803, le Congrès de l’Arcahaie. Où une large alliance a été constituée, Dessalines a arraché le blanc du drapeau français, rapprocha le bleu du rouge. Le dénommé Catherine Flon les a cousus, ainsi le bicolor Bleu et Rouge, le drapeau sous lequel la révolution sera menée et tous les participants à la clôture du congrès crient à l’unisson et en cœur : liberté ou la mort. Et l’ordre était : Koupe tèt, boule kay : décapitation des blancs et l’incendie des maisons et des plantations

Ainsi en six (6) mois, l’armée indigène (des noirs et des mulâtres) a mené une bataille sans merci contre l’armée expéditionnaire composée de 30 à 40 mille soldats français et Polonais, et a abouti le 18 novembre 1803 à Vertières (dans le Nord) à la Bataille finale, la victoire des insurgés sur la Métropole (La France). Ainsi, fit-elle créée la première République noire, libre et indépendante de l’Amérique et du monde. La proclamation officielle de l’indépendance a été faite le 1er janvier 1804 sur la Place d’armes des Gonaïves. Cette révolution fu sans précédent, unique dans l’histoire universelle, où des esclaves arrivent à remporter la victoire sur les maitres et à bâtir un nouveau pays à la face du monde. 

La victoire acquise, indépendance proclamée n’est pas synonyme de paradis, de fin des problèmes, au contraire se sera le début de sérieuses difficultés à résoudre, d’énorme défis à soulever tels que : le blocus international imposé à Haïti par les puissances mondiales. Les nouvelles élites politiques et économiques sont imprégnées du système colonial français, voulaient sauvegarder la grande plantation et le niveau de production agricole du temps de la colonie, tandis que pour les nouveaux libres/anciens esclaves la plantation est synonyme de cauchemar, n’en voulaient pas et continuaient le marronnage (fuite dans les mornes) ou d’y résister par d’autres moyens (vodou, sorcellerie, duperie, etc.). Donc opposition entre les nouvelles élites et la population. D’où la tendance autoritaire des dirigeants politiques et les élites haïtiennes, et difficulté du développement de la démocratie en Haiti. 

L’équilibre fut établi par la force des choses par une division sociale du territoire en deux mondes : le monde urbain et rural. Les villes sont devenues le refuge des élites et la campagne celui des paysans (anciens esclaves). Et la passerelle de relations entre ces deux catégories sociales se faisait a partir des rapports commerciaux autour de la monoculture du café. La canne à sucre étant largement disparu du paysage agricole. Le système socioéconomique et politique haïtien pendant toute la période indépendante était charpenté autour de la monoculture du café, jusqu’en 1981 ou la grande majorité des caféières fut incendié par les paysans. (Haiti 1981, La Débâcle. Jhonny Estor, 2025, Amazon.)  


Jhonny Estor, Sociologue, 

Fondateur et responsable du mouvement Renaissance-Haiti qui prône une nouvelle orientation pour Haiti.

New York, 01/30/2026



jeudi 29 janvier 2026

DIFIKILTE POU PRAN YON POZISYON SOU SITIASYON PEYI A AVAN 7 FEVRIYE 2026

  Salut salut les amis/ies

Koman nou ye ? Mwen twouvem devan sitiasyon peyi a ak CPT ki deside revoke PM Fils-aimé, Americain ki fouye dyol yo men longè nan zafè sa e ki ap bay sanksyon etc. Nan difikilte pou pran yon pozisyon sou sa kap pase a. E nou menm ki jan nou wè devlopman sitiasyon an ki pozisyon nou?

Pran yon pozisyon konpleks, paske yon kote CPT a pa bay rezilta, ansanm ak PM la ki se kounya ki ta vle montre li vle fè yon bagay kont ensekirite a ak Lapolis. Ki se yon eskandal lew konsidere kantite moun ki victim pandan denye tan sa yo.

Lot kote aktè politik yo ki di yo pou revocation PM la, men ou konnen neg sa yo se pa bagay peyi ki enterese yo vre, men pito pos la yap jofre san okenn plan ni pwojè valab pou pote yon chanjman nan sitiasyon peyi a.

Donk m oblije ap gade pou wè koman bagay yo pwal devlope. Men li sanble plis ke sèten se entènasyonal la ak Caricom, OEA ou depatman deta ki pwal kom toujou pran desizyon sou avni politik peyi a, paske dirijan nou yo two minè, iresponsab manke grandè pou ta rive fè sa Nan tet kole.

Men sa ki sèten nou vle depa CPT a ak tout premye minis la. Men kiles pou ranplase yo se yon lot pwoblem, yon lot kesyon tet chaje ke'n pa gen repons pou li.

Jhonny Estor

Responsab mouvman Renesans-Ayiti 



Credo de RENAISSANCE

HAITI 1981, LA DEBACLE, conclusion du livre, disponible sur Amazon

  HAITI 1981, LA DEBACLE Étude de la relation entre la crise structurelle et l’exode rural en Haïti après 1981. Nouvelle édition New York, U...