Pourquoi les mouvements sociaux périodiques de revendication contre les gouvernements traditionnels de ces trente dernières années et particulièrement contre celui d’aujourd’hui (PHTK) paraissent pour plus d’un, anormaux ?
Certains disent qu’Haïti est championne dans la région, au niveau des luttes de changement de gouvernement. Mais, pourquoi la persistance ou la résistance au changement de nos dirigeants dans la manière de gouverner le pays n’étonne pas ou ne dérange pas la plupart d’entre nous ? (surtout les gens formés, ayant une certaine position socioéconomique acceptable dans la société haïtienne)
Pourquoi ceux qui sont appelés à nous diriger ne réalisent pas que ces mouvements appellent à quelque chose de neuf, de différent de ce qui se faisait avant et qui se fait encore aujourd’hui ?
Ce qui m’aurait étonné, serait de voir que ces mouvements populaires qui ont chassé le régime duvaliériste, ce des militaires et celui d’Aristide en 2004 cesseraient tandis que les gouvernements dans leur nature et leurs pratiques (la corruption, le népotisme, les magouilles électorales, dépourvu de visions nouvelles pour Haïti,) sont maintenues tels qu’ils ont toujours été dans le pays. Ces mouvements seraient dépourvus de tous liens concrets avec l'évolution de la société. Mais, étant donné qu’ils sont en rapport direct avec celle-ci, et cette dernière ne s’améliore pas, au contraire s’empire d’année en année, aussi devons-nous, nous attendre à les voir, à les revoir, encore et encore. Il faut s’attendre qu’ils gagnent en intensité sous l’effet du temps, tant qu’il n’y aura pas de changement dans le modèle de gouvernement du pays qui est en fait la principale cause de ces mouvements.
Les cinq ans de Préval m’ont franchement étonné et mon étonnement serait encore plus grand, s’il n’y a eu aucun mouvement de soulèvement contre le pouvoir en place qui ne diffère pas des précédents.
Nous autres nous comprenons que tant que l’effort réel de faire autrement, de changer le modèle de gouvernement du pays n’est pas consenti, Haïti restera encore longtemps dans l’instabilité politique.
Jhonny Estor
Texte de 2008

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire