Dans un souci de concision et pour être plus pratique, je prends cette
définition de la notion « d’intellectuelle » de
Wikipédia car elle me permet d’être en cohérence avec ma conception du sujet.
Un intellectuel est une personne dont l'activité repose
sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de
ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, qui n'assume généralement pas de responsabilité directe dans les affaires
pratiques1, et qui dispose d'une forme d'autorité. L'intellectuel est une figure contemporaine distincte de celle plus ancienne du philosophe qui mène sa
réflexion dans un cadre conceptuel. … Selon les historiens Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, un intellectuel est « un homme du culturel, créateur ou médiateur,
mis en situation d’homme du politique, producteur ou consommateur d’idéologie »2.
(Wikipedia)
Cette définition me permet
également de passe en revue ce que j’ai essayé d’apporter en termes d’idées, de
pensées sur un ensemble de sujet que j’ai défendu publiquement sur les
problèmes de la société haïtienne, soi dans les Médias (Radio, Télévisions,),
productions littéraires (Livre, articles), etc.
En 2010, avec GRECIA
(Groupe de Recherches d’Education Civique et d’Animation sociale), nous nous
sommes engagés dans la sphère publique pour prôner l’idées de la nécessité
d’intégré les valeurs éthiques dans la politique en Haïti. Car selon nos
observations, l’absence de cette valeur dans les pratiques politiques, et dans
l’administration publique et au niveau de plusieurs autres secteurs (Médical,
droit, scolaire, les affaires, religieux, etc.) était criante, palpable. Il nous fallait
attirer l’attention du public sur cette problématique pour former en quelque
sorte une masse critique dans la société et créer une pression sociale contre
cette tendance qui fait tant de mal au pays et dont les gens tendent à
normaliser.
Ce travail, avec cette
conférence publique à l’Hôtel Le Plaza en Avril 2011 sur le thème « Ethique
et politique en Haïti » a eu, selon nous bien des impacts. Bien d’autres
personnalités publiques ont fait échos du sujet et d’autres initiatives ont été
prises, comme un forum du Barreau de Port-au-Prince sur « l’éthique et les
pratiques du droit en Haïti », il y a eu la formation de la
« commission éthique et anti-corruption » au Senat qui a réalisé
les premiers rapports du parlement sur la dilapidation des fonds Petro
caribe de René G. Préval à Jovenel Moise en passant Michel Martelly.
Cependant, la résistance
au changement de la société haïtienne et de nos dirigeants en particulier a
tenue bon. Et la corruption ou le manque d’éthique de manière générale s’est
peut-être aggravé dans la société et plus particulièrement dans le champ
politique. L’une des causes à cette débâcle, selon nous serait l’absence
d’encadrement, d’accompagnement, voire de financement des secteurs culturels et
moraux (religieux, éducatifs, universitaire, média, …) à ce mouvement.
En second lieu, nos observations sur
l’évolution de la société haïtienne à partir de nos études et recherches en
sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) et après, nous ont permis
de voir que nous n’avions pas pu sortir de la crise (Structurelle,
socioéconomique et politique, etc.) parce que nos dirigeants ou la société de
manière générale n’avaient pas bien compris ni évalué correctement la
profondeur de l’évolution ou des métamorphoses opérées dans les structures
fondamentales de la société haïtienne depuis la première moitié des années 1980.
Ce que nous avons pu expliquer et même démontrer dans notre ouvrage de
recherches sur le thème « Crise structurelle et exode rural en Haïti,
mai 2015 ».
Selon nous, nos
dirigeants, les élites, tous groupes confondus ont échoué en ce qu’ils voulaient
et veulent encore retrouver l’Haïti perdu et qui l’est à tout jamais. Serait-ce
la raison pour laquelle, même les gouvernements les moins bêtes ou incompétents
depuis 1986, comme celui de René G. Préval, semble n’avoir rien apporter, ou
contribuer dans l’effort pour résoudre les problèmes du pays. L’Opinion
générale dirait qu’ils ont été tous nuls, la situation socioéconomique et
politique du pays n’a pas cessé de s’empirer d’un gouvernement à l’autre.
Dans notre
ouvrage, nous avons tenté d’évaluer les relations difficilement perceptibles,
entre l’exode rural et la crise structurelle en Haïti. Et pour y parvenir nous
étions obligés de camper ou schématiser le système socioéconomique et
historique d’Haïti pour mieux observer l’ampleur des déstructurations causées par
l’exode rural sur celui-ci. Il faut dire, également que l’exode rural qui a
accéléré à partir des années 1980 était lui-même une résultante de la crise de
la production des denrées, le café en particulier et du secteur agricole de
manière générale, par la suite. Car dans les zones montagneuses, dans beaucoup
de régions du pays, un grand nombre d’agriculteurs ont déboisé le flanc des
mornes pour dégager l’espace nécessaire à l’augmentation des produits, tels le
petit mil, le maïs, le pois, le piment, etc. ils avaient perdu confiance au
café, à cause de la variation des prix sur le marché local, qui ne cessaient de
baisser durant les années de 1981, 1982. Cette mutation dans les cultures des
mornes a accéléré le déboisement et cette grande érosion dans beaucoup de
régions du pays, et causait le déplacement ou la migration massive des
populations concernées vers les villes après et qui ne cesse de continuer aujourd’hui
encore. Comme conséquence irréversible nous avons aujourd’hui une diminution
importante des espaces cultivables et de la main d’œuvre agricole, une
génération, dans sa grande majorité, ne veut que pouvoir changer de statut
social, finir définitivement avec celui de paysans. Comment dans ce contexte
bien particulier penser pouvoir revenir à l’Haïti d’hier ?
C’est aussi devant
ce constat particulier que nous avons parlé en 2017, sur radio Vision 2000, de
la fin du système socio-historique, économique et politique haïtien, que
beaucoup de personnalités du monde politique, juridique, de la société civile
ont repris et interprété à leur manière et entendement.
C’est en
connaissance de ces grandes mutations de la société haïtienne que nous
véhiculons depuis quelques temps avec le Mouvement Renaissance-Haïti
(2019), dont nous avons conçus tout un programme détaillé de développement du
pays comme proposition pour répondre à ces mutations, deux principales idées :
1.
De nouvelles villes pour
enrailler le problème du développement des quartiers populaires et des bidonvilles
et tout le cortège d’insécurité urbaine qu’il entraine et donner une réponse
politique responsable à la demande urbaine d’une frange de plus en plus
importante de la population haïtienne.
2.
Une agriculture moderne
avec les fermes agro-industrielles, nécessitant moins de bras humains et plus
de tracteurs pour répondre à la diminution des espaces cultivables, la nécessité
de modernisation de l’agriculture et à la tendance de plus en plus prononcer de
la population à l’abandon de ce domaine d’activité économique.
Au regard de ces
grandes mutations sociales, selon nous Haïti n’a d’autres avenirs avec
possibilité de réussite et de bonheur pour ces fils et filles que dans ces
voies et non dans la persistance à vouloir revenir en arrière. Nous avons perdu
plus de 35 ans déjà sur ce chemin, qui est définitivement ‘yon chimen pèdi tan’.
Ainsi, comme
intellectuel, nous nous sommes évertués depuis 2011 à prôner dans l’espace
public des idées, des pensées qui pourraient certainement contribuer à des changements nécessaires et mêmes salutaires pour sortir Haïti de la crise, et apporter le développement au pays. Mais, une fois de plus nous avons constaté
que le changement est plus que difficile en Haïti. Les secteurs possédants les
moyens suffisants pour les impulser au-devant de la scène et leur donner une
chance d’application au pays ont toujours fait défaut. Je veux parler des
instances de recherches, les universités, fondations, des médias, des
organisations patronales et culturelles, en Haïti et dans la diaspora, etc. Serait-il
possible qu’il n’existe nulle part parmi les élites haïtiennes quelques
personnes vraiment préoccupées par ce qui arrive au pays ? Et qui serait
prêt à investir un peu de leurs moyens dans les idées qui peuvent changer la
situation en Haïti ?
En dernier lieu, actuellement dans le
cadre des activités du Mouvement Renaissance-Haïti, nous prônons l’unité d’une
large frange de la population haïtienne derrière un plan, un programme de
développement d’Haïti qui tient compte des grandes mutations susmentionnées comme
solution qui pourrait répondre à la dimension de la crise actuelle. Cette unité
seule pourrait fournir la force nécessaire pour faire face à la main mise de
l’internationale et des milieux mafieux sur la vie politique du pays. Quel écho
aura cette nouvelle idée ou pensée dans la société ? L’avenir seul le
dira !
Jhonny ESTOR
Sociologue de formation
Fondateur et Coordonnateur Générale
Du mouvement Renaissance-Haïti
E-mail : estor.johnny@gmail.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire